Les Restes

ou comment faire un tartare
sans casser des œufs

 

 

Le père est mort. Le père est mort tué la veille par la mère, découpé en dix-sept morceaux, dix-sept morceaux de viande dans cette boucherie qui en est véritablement une. Les trois enfants votent comme cela se fait chez les Morue : faire disparaître le corps, le broyer dans le grand hachoir manuel pour ensuite le jeter dans la benne à restes.

Se débarrasser de ses restes dans les restes. Se débarrasser de lui, des souvenirs, de ce père dont chaque enfant a une représentation particulière. Les schémas familiaux se rejouent, s'exacerbent et la violence du vécu de chacun se revendique puisque le bourreau n'est plus, si tant est qu'il y ait eu bourreau. Tous reprennent leur place dans ce cercle vicié, place qu'ils ne trouvent nulle part ailleurs. La mère, en errance, s'ingénie à se suicider pendant que tous s'affairent. Arrive alors René le dératiseur, qui nous rappelle la véritable urgence et les risques du réel, de l'extérieur du cercle. Il faut agir et le temps des larmes n'existe pas.

Dans ce rythme effréné où pleuvent les rebondissements, s'exprime ici la lutte déchirante de ceux qui restent.

 

Aubépine
... À présent, il faut faire avec les restes, et les restes, c'est nous !


 

Dossier à télécharger